Dimanche 21 août 2011 7 21 /08 /Août /2011 15:50

turkos.jpgHISTOIRE - En découvrant l'histoire de son arrière-grand père, tirailleur algérien mort au front en 1918, l'entrepreneur lyonnais Kamel Mouellef s'est réconcilié avec ses racines et a enfin pu "revendiquer la France" où il est né. Il prépare une BD pour relater cette histoire et souhaite la distribuer aux députés pour qu'ils arrêtent enfin de "stigmatiser" ces Français de diverses origines "qui servent de fond de commerce dès que les élections approchent"…


Sur la stèle de ce monument aux morts pour la France, près de Lyon, sont inscrits les noms de Léon Juste ou Paul Etienne mais aussi ceux de Tahar Meziane ou Mohamed Tayeb. Sur une plaque apposée dans le quartier de Vaise (Lyon 9e) figure l’inscription : « Ici, le 10 juin 1940 furent lâchement assassinés 27 soldats sénégalais qui avaient résisté courageusement à l’avance des hordes nazies ». Ou encore cette autre inscription, à Ecully : « Au 2e régiment de spahis algériens de reconnaissance qui libéra Ecully le 2 septembre 1944 vers 20h ».
Un peu partout en France, et singulièrement dans la région lyonnaise, de nombreuses traces attestent de l’engagement des soldats nord-africains dans l’armée française lors des deux guerres mondiales. Pourtant, « tout cela reste caché » s’indigne Kamel Mouellef. Quant aux « indigènes dans la résistance, c’est carrément le black out total » poursuit-il, assurant qu’ « Il y avait plus de 50 000 Algériens dans les maquis ».


Après des années de recherche, Kamel Mouellef est désormais incollable sur la question des tirailleurs nord-africains. La prise de conscience de leur existence, de leur courage à défendre la France, a changé le cours de sa vie. Lui, à qui « on rabâchait depuis ma naissance que j’étais là pour « bouffer le pain des Français », que je n’étais pas français » peut désormais « revendiquer la France » grâce à ses ancêtres qui se sont battus pour elle.


Aujourd’hui, il entend partager largement cette expérience en éditant une BD qui s’appellera « Turcos », surnom que les Russes donnèrent aux tirailleurs algériens dont la tenue orientale leur rappelait celles des turcs.


Tout est parti d’un rêve survenu en 1983. « Mon arrière grand-père me demandait de trouver sa sépulture afin qu’il puisse partir en paix » raconte Kamel Mouellef qui entame alors une longue recherche. Sa grand-mère, restée en Algérie, lui montre des photos qui confirment bien l’identité de celui qu’il a vu en rêve. En 2005, grâce au site du ministère de la Défense « sépultures de guerre », Kamel Mouellef retrouve enfin la trace de son arrière grand-père, enterré à Ambleny (Aisne). Un fonctionnaire lui envoie le registre matricule de son aïeul, monsieur Alouache Ahmed Saïd Ben Hadj, mort pour la France le 20 juillet 1918 après quatre ans au front et prend la peine, dans son courrier, de lui indiquer le maximum d’éléments sur les circonstances de son décès.


En novembre 2005, Kamel Mouellef part dans l’Aisne pour rendre l’hommage rêvé à son aïeul. Ce voyage suscite « un virage dans mes questions de vie, d’appartenance et de racines ». Dans le carré militaire où est enterré son ancêtre, il dit avoir eu « la chair de poule de voir autant de sépultures musulmanes, chrétiennes, toutes ensemble pour l’éternité ». Il comprend alors le sens de son rêve : « j’étais français et j’avais le droit de le revendiquer car eux, ma famille, leurs amis et proches avaient donné leur vie, leur sang pour la patrie, pour la France ».


Trois ans plus tard il a un déclic quand l’hymne national français est sifflé lors d’un match de foot amical France - Tunisie. Choqué par cet affront fait à la République, il est convaincu que « si ces jeunes savaient les sacrifices qu’ont faits leurs grands-parents ou arrière grands-parents pour défendre la France lors des dernières guerres, ils auraient sûrement plus de respect ». Et ne comprend décidément pas « pourquoi tout cela est caché ». Certes le film Indigènes de Rachid Bouchareb est passé par là. Mais cela ne suffit pas. Kamel Mouellef décide d’éditer une BD sur cette histoire commune et de la diffuser le plus largement possible, de s'en servir comme support d'interventions auprès des jeunes.


Avant de s’engager avec enthousiasme dans l’aventure de cette BD, le dessinateur Baptiste Payen s’est assuré que la démarche n’était « ni communautariste ni revancharde ». « J’aime bien l’idée qu’on respecte la mémoire des gens. On part d’une série de faits évidemment incontestables. Je suis convaincu par la cause qu’on défend, pourvu qu’on reste dans les faits » explique le jeune dessinateur.


La BD relate l’histoire et le parcours militaire de l’arrière grand-père de Kamel Mouellef, reconstitués à partir de lettres et de documents et romancés par des amitiés qui se nouent. « Notre propos est de retracer cette histoire commune, l’accepter, s’en servir de lien pour construire une cohésion, un avenir » résument les deux hommes auxquels s’est joint le scénariste Tarek.


L’an dernier, le débat sur l’identité nationale a achevé de convaincre les trois hommes de la pertinence de leur projet. Constatant que certains portent toujours un regard interrogateur sur sa présence en France et sa nationalité française, comme sur celles de millions d’autres, de diverses origines, Kamel Mouellef s’interroge. « Nous nous sommes battus pour la France, et travaillons toujours pour la France. Nous sommes un fond de commerce dès que les élections approchent. Alors pourquoi devrions-nous servir sans être ? »


Le premier tome de la BD, intitulé « Le jasmin et la boue », doit sortir en octobre prochain. Kamel Mouellef cherche actuellement un financement pour distribuer la BD aux 577 députés de l’Assemblée nationale, la veille du 11 novembre. « Pour qu’ils apprennent leur histoire de France et arrêtent de nous stigmatiser ».


Anne-Caroline JAMBAUD


Source : www.libelyon.fr

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Dimanche 26 juin 2011 7 26 /06 /Juin /2011 15:38

1055035457.jpgLes Trophées de la Diversité ont été remis le 20 juin par le Groupe Progrès et le Club Rhone Alpes Diversité.
Dix trophées pour marquer la Diversité, dix talents pour marquer la réussite :


Trophée de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise

Remis par Antonella DESNEUX, Directrice de la citoyenneté, de l’innovation sociétale  de SFR

A Frédéric GAVAUDAN  Directeur du GEC  Agrologis

 

Trophée de l’Innovation Sociale

Remis par Naho humoriste

A Sarah LEVIN Directrice de Banlieues d’Europe

 

Trophée de la Citoyenneté

Remis par Philippe THURAT, Directeur de la diversité et l'égalité des chances du Groupe AREVA

A Karim DERROUICHE Président de l'association étudiante Astuce-Lycéens

 

Trophée du Dialogue Interculturel

Remis par Edouard BOCCON-GIBOD, Président de TF1 Production et Président du Comité Diversité du groupe TF1

A Laetitia LALLE BI BENIE   

 

Trophée de l’Audace

Remis par  Jacques GALLOIS, Président de l’école International 3A

A Chimène SERUZIER Membre du bureau de Cannelle et Piment

 

Trophée de l’Action Internationale

Remis par Farida BOUDAOUD, Vice présidente à la culture et à la lutte contre les discriminations

A Nathalie TIVAN Secrétaire et Eric TIVAN Président d’ASUP Brésil

 

Trophée de La Solidarité

Remis par Henri BIGNALET, Directeur du pôle Social du Groupe Audiens

A Farouk ABABSA Président et Mehdi SENOFFI Acteur/Réalisateur de Timecode Corp

 

Trophée du Recrutement

Remis par Patrick LESCURE, Directeur Régional de Pôle emploi Rhône-Alpes

A Françoise GUYOT DRH de 1001 Repas

 

Trophée de l’Innovation Economique

Remis par Marc GROSY acteur principal de la série "Interpol" sur TF1

A Charly MARGAIN Créateur de Spiruline sans frontière

 

Trophée Coup de Cœur du Jury 

Remis par Denis LAPLANE, Directeur Régional de BNP Paribas Rhône-Alpes, Bourgogne, Auvergne

A Manan ATCHEKZAI Président de Société Française d'Intervention et de Prévention

 

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Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 20:20

la-laicite.jpgL’islam est-il compatible avec la laïcité ? Cette question taraude ceux qui estiment que l’islam, système de pensée à la fois théologique, juridique et sociopolitique éprouve quelques difficultés à reprendre à son compte les fondements sur lesquels repose la laïcité à la française, notamment les Lumières. De son côté, la tradition laïque ne lui a pas facilité la tâche, puisque dès le vote de la loi de séparation de 1905, il fut décidé que celle-ci ne s’appliquerait pas à l’islam dans les trois départements français d’Algérie, situation coloniale oblige.


Selon l’auteur, cette méfiance réciproque n’est toutefois pas insurmontable. En effet, l’islam d’Occident doit assumer une situation de minoritaire, tandis que la laïcité doit faire face à une diversité culturelle et religieuse croissante. Penser l’islam dans la laïcité est le défi que doivent et peuvent relever ensemble musulmans et laïques au sein de la République.

Cet ouvrage est paru en première édition chez Fayard en 2008 sous le titre Penser l’Islam dans la laïcité.


Biographie de l'auteur
Directeur de recherches au CNRS et enseignant à l'IEP d'Aix-en-Provence, Franck Frégosi est spécialiste des questions juridiques et politiques de l'islam dans les sociétés européennes.

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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 22:45

linda.jpg« Sécurité des Systèmes d’Information et Intelligence Economique : enjeux et perspectives pour les PME/PMI

Ou comment agir dans un monde globalisé pour protéger l’information économique et stratégique ».

 

PROGRAMME  :

 

17h45-18h : Accueil

 

18h-18h15 : M. AYACHE - Groupe 4 Lyon : Présentation

 

18h15-18h35 : Général (2eS) Michel COMMUN : IE et action territoriale de la gendarmerie

 

18h35-18h55 : Yannick BOUCHET - Président du Clusir : Les cindyniques, une nouvelle approche de la sécurité des S.I.

 

18h55-19h05 : Linda BELAIDI – EASI : Veille et recherche d’information stratégique

 

19h05-19h15 : Bruno DOUCENDE - Directeur Synertic : Stratégie de développement d’applications sécurisées.

 

19h15-20h : Table ronde Thème : Enjeux et Perspectives pour les PME/PMI

 

Participants : Sylviane Descharmes (Coord. IE + ARDI, CCIR de Rhône Alpes), Linda Belaidi (EASI), Hedia Berry (IE-Clusir), Michel Commun (Gendarmerie), Me Raphaël Peuchot (FOURMANN & PEUCHOT Avocats), Benjamin Sueur (Ministère de l’intérieur), Yannick Bouchet (Président Clusir), Bruno Doucende (Synertic)

 

20h-20h30 : Cocktail

 

Lieu de la conférence :

 

Grand Amphi de CPE Domaine Scientifique de la Doua Bâtiment 308 - 43, boulevard du 11 Novembre 1918 - 69100 Villeurbanne Cedex

 

Plan d’accès pour se rendre à CPE : http://www.cpe.fr/-Venir-chez-Cpe-Lyon-.html

Inscription souhaitée avant le 5 juin 2011 sur le site http://www.groupe4.fr/conferencesecurite 

ou Par mail : mayache@groupe4.fr • Téléphone : 04 84 25 16 92 – 06 34 07 81 19

 


Linda BELAIDI European Agency for Strategic Intelligence (EASI) - 320 avenue berthelot 69008 LYON

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Samedi 21 mai 2011 6 21 /05 /Mai /2011 15:36

20110521PHOWWW00024.jpgAprès s'être heurté à la difficulté de trouver un logement adapté aux conditions de son contrôle judiciaire, l'ancien patron du FMI s'est installlé vendredi soir dans un appartement situé à Broadway, non loin du site de Ground Zero.

 

 Dominique Strauss-Kahn n’est plus en prison. Il a passé sa première nuit de «liberté» provisoire dans le confort d’un immeuble cossu du sud de Manhattan tout près du site de Ground Zero. Il est arrivé discrètement vers 17h30, heure locale, échappant aux hordes de journalistes qui l’attendaient à quelques centaines de mètres de là, devant un autre immeuble. DSK loge dans un appartement de fonction de la société de surveillance Stroz Friedberg, chargée de d’organiser sa mise en résidence surveillée.

 

À l’annonce de son arrivée, les résidents du 71 Broadway avaient du mal à cacher leur stupéfaction. «C’est un peu effrayant de s’imaginer qu’on va être harcelés par les médias à cause de lui» a déclaré Jemma Harding , une jeune britannique qui se rendait à une soirée d’anniversaire en flamboyante fausse fourrure blanche et robe rétro couleur crème. Une femme sortant quelques minutes plus tard a fait une moue de dégoût. Plusieurs résidents se sont plaints aux concierges de l’immeuble de la présence envahissante des caméras de télévision. Les New-Yorkais qui vivent dans des immeubles avec portiers sont habituellement très attachés à leur tranquillité. Dans ces bâtiments, où le hall d’entrée ressemble souvent à un lobby d’hôtel, il est impossible de monter à l’étage sans y avoir été autorisé. Parmi les mécontents, il y avait Debbie Tawir : «Ici, il y a beaucoup de gens qui travaillent et des familles avec des enfants, cela va être pénible. On n’a pas besoin de toute cette publicité».

La jeune femme d'origine guinéenne qui accuse DSK est "effrayée" par la libération de son agresseur présumé, a déclaré son avocat, Jeff Shapiro.

 

Plusieurs possibilités abandonnées

 

Dominique Strauss-Kahn était devenu un voisin si encombrant vendredi à Manhattan que plusieurs possibilités de logement avaient dû être abandonnées par Anne Sinclair. Elle avait loué deux appartements au Bristol Plaza, un hôtel chic avec piscine et terrasse au nord de Manhattan, mais la direction a résilié son contrat en apprenant que DSK y était attendu. L’avocat de l’ancien du patron du FMI, William Taylor, a quant à lui affirmé qu’une option avait été abandonnée parce des journalistes se seraient introduits dans l’appartement réservé à son client.

L’immeuble de Broadway, dont la spectaculaire entrée est entourée de quatre colonnes surmontées de statues d’aigles, dispose d’une terrasse avec vue sur la rivière Hudson, ainsi que d’une salle de gym, mais DSK n’en profitera pas durant son bref séjour. Il devra se contenter de la vue sur des banques côté rue ou sur l'Hudson, de l’autre côté. S’il est assez haut, il pourra même observer les travaux de reconstruction à Ground Zero. L’immeuble donne aussi sur le cimetière de la Trinity Church, l’une des plus vieilles de New York.

DSK devrait déménager dans trois ou quatre jours dans un autre immeuble, encore plus sécurisé, d’où il aura le droit de sortir voir ses avocats, un médecin et, s’il le souhaite, aller à la synagogue une fois par semaine. Et ce à condition d’appeler le juge 6 heures à l’avance.

 

Le Figaro

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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 21:11

BLANC.jpgLe site Mediapart accuse le sélectionneur de l'équipe de France de football d'avoir donné son aval à une politique de "quotas discriminatoires", mise en place secrètement par la FFF.

 

Laurent Blanc a assuré vendredi 29 avril ne "pas avoir entendu parler d'un tel projet" après les accusations de "quotas discriminatoires" raciaux portées par le site Mediapart sur la Fédération française de football (FFF), qui, confiante, a ouvert une enquête interne.

"Toute la lumière sera faite sur cette affaire, j'ai une confiance absolue en mes collaborateurs, a annoncé Fernand Duchaussoy, président de la FFF dans une conférence de presse vendredi au siège de la FFF. Nous allons faire une enquête interne, peut-être avec une direction du ministère de la Jeunesse et des Sports et peut-être avec une personne incontestable du monde du football".

 

"Je suis tombé des nues"

 
"Je suis sûr que cela démontrera que c'est une affaire qui n'est pas à la hauteur de ce qu'on veut nous faire porter, a-t-il souligné. Si on voit qu'il y a des choses à reprocher à ceux qui nous ont accusés, nous prendrons les dispositions nécessaires pour contre-attaquer". "On m'a parlé de réunion secrète, je ne peux pas tout savoir. C'est un sujet que j'ai découvert avec beaucoup de surprise jeudi, je suis tombé des nues, j'ai cru que c'était une plaisanterie de mauvais goût, a encore ajouté M. Duchaussoy. C'est une diatribe terrible qui m'a complètement indigné et meurtri".

"Toute la carrière que j'ai pu faire, de bénévole, comme président de club, de district, de ligue, de la LFA et de la FFF démontre le contraire des accusations portées contre nous, et je suis garant de l'honnêteté de tous les bénévoles et de tous les dirigeants qui m'entourent", a-t-il martelé. "J'insiste sur le rôle social et d'intégration qu'a le foot", a-t-il conclu.

 

"Un tel projet ne verra jamais le jour"


Laurent Blanc, sélectionneur, s'est lui exprimé dans une conférence de presse à Bordeaux. Le technicien a insisté sur l'absence "de projet auquel (il aurait) participé, qui impose des quotas". "Un tel projet ne verra jamais le jour", a encore souligné Laurent Blanc.

"Depuis une quinzaine d'années, le projet de jeu a été discriminatoire pour un certain nombre de joueurs, les critères athlétiques et physiques ayant été retenus essentiellement", a surtout fait remarquer l'ancien défenseur de l'équipe de France.

"En ce moment, les petits (gabarits) sont pénalisés, ce qui est discriminatoire", a-t-il détaillé en faisant une analyse des pôles Espoirs et des centres de pré-formation. "Je veux permettre à ces jeunes joueurs qu'on ne soit pas radical", a-t-il ajouté.

"Ce qui me dérange le plus, c'est qu'on y ajoute des couleurs. Qu'on me reproche ce type de discrimination, ça me dérange", a-t-il martelé. "La diversité existe, dans la rue comme dans le football", a encore déclaré Blanc.

Jeudi soir, Mediapart assurait: "Pour les plus hautes instances du football français, l'affaire est entendue: il y a trop de noirs, trop d'arabes et pas assez de blancs sur les terrains". "Plusieurs dirigeants de la Direction technique nationale (DTN) de la Fédération française de football (FFF), dont le sélectionneur des Bleus en personne, Laurent Blanc, ont approuvé dans le plus grand secret, début 2011, le principe de quotas discriminatoires officieux dans les centres de formation et les écoles de foot du pays", selon cette enquête.

 

Nouvelobs.com

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Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 14:33

la-mecque.jpgDeux sœurs, jeunes femmes de la banlieue parisienne, décident d’aider leurs parents à réaliser leur rêve : elles économiseront sur leurs petits boulots pour leur offrir un pèlerinage à La Mecque.

 

Mais voilà : quand, l’argent réuni, l’heure vient d’acheter les billets, elles cèdent à la tentation, et en prennent pour Phuket, en Thaïlande où, renonçant définitivement à être les bonnes filles qu’elles pensaient être, elles partent découvrir une autre vie.

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Dimanche 17 avril 2011 7 17 /04 /Avr /2011 16:45

imagesCA6WZRQ0.jpgD’une famille à l’autre. Ainsi va Jean-Louis Borloo. Une semaine à peine après avoir quitté l’UMP, le voici invité par les radicaux de gauche (PRG) à leur rencontre sur l’identité républicaine. Une journée rythmée par de franches critiques des débats identitaires lancés par la droite depuis 2007.

 

"Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis". A la citation d’Antoine de Saint-Exupéry, prononcée par l’un des orateurs, Borloo opine. Calé dans son siège, il mâchouille son stylo, remet ses lunettes et annote son discours. Quand vient son tour de monter à la tribune, Borloo embrasse chaleureusement son hôte du PRG, Jean-Michel Baylet.

Puis dégaine. Dans la diatribe commune contre le débat sur la laïcité, la voix de l’ancien n°2 du gouvernement n’a pas manqué. Le radical valoisien a profité de ce moment "forcément familial" pour dénoncer l’"exacerbation des différences", et les débats qui "détournent des questions fondamentales", alors que nous "sommes tous des immigrés. Seule notre date d’arrivée change".

 

"La France de la peur contre la France de l’amour"

 
L’avenir en tête, Borloo estime que la question républicaine n’est pas de savoir d’où l’on vient mais de se demander: "Qu’allons-nous faire ensemble?". Et d’ajouter: "L’homme est ce qu’il fait. C’est un chemin". 2012 n’est pas loin.

Jean-Michel Baylet savoure. "Jamais le président de l’autre parti radical n’est venu s’exprimer à notre tribune." Lui qui a accueilli Borloo avec "plaisir", "amitié" et "fraternité", reprend le micro pour dire qu’il aurait pu tenir le même discours. "Il se situe plus près des radicaux de gauche que de l’UMP", s’emballe Baylet. Vont-ils dès lors vers un rassemblement de la famille radicale: "Nous n’en sommes pas là", tempère-t-il.

 

Un peu plus tôt Baylet a décoché quelques flèches en direction de l’UMP et de du "pseudo-débat" sur l’identité nationale qui "n’était que le défouloir de l’intolérance, du racisme et de la xénophobie". Mais ses attaques les plus vives sont pour "l’astucieuse fifille Le Pen raciste et islamophobe avérée (…). Miss Le Pen défendant l’idée laïque, c’est Pinochet défendant la démocratie", a-t-il taclé.

 

A table, autour d’une entrée saumonée et entourés d’autres pontes radicaux et de Corinne Lepage, Baylet et Borloo poursuivent leurs retrouvailles. Arnaud Montebourg et François Hollande, passés plus tôt dans la matinée, sont déjà partis. La présence de Borloo? "Je ne suis pas responsable des autres invités", esquive Hollande.

 

A peine le temps de déjeuner et Borloo file retrouver les jeunes de son mouvement. Ces derniers ont unanimement voté en faveur d'une sortie de l'UMP et en ont profité pour lancer un "appel résolu à la candidature de Jean-Louis." N’y répondant pas directement, Borloo pousse en avant sa large alliance: "On peut m’arrêter moi mais on ne peut pas arrêter ce mouvement", explique-t-il, respectant son timing plus qu’il ne doute de ses chances. L’heure est au choix "entre la France de la peur et celle de l’amour", insiste Borloo.

 

Le JDD

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Dimanche 17 avril 2011 7 17 /04 /Avr /2011 16:28

110_borloo.jpgDix jours après avoir quitté l'UMP, l'ancien ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo a esquissé, samedi 16 avril, un rapprochement avec les radicaux de gauche en affichant avec eux son refus de stigmatiser la religion musulmane.

 

Le président du Parti radical, qui a annoncé le 7 avril que sa formation se séparait de l'UMP et qu'il se tenait prêt pour une éventuelle candidature à la présidentielle de 2012, a participé à un débat sur la laïcité organisé par le PRG. "La laïcité, ce n'est pas une arme pointée contre les religions et c'est ce détournement-là qui est en train de se passer, qui n'est pas acceptable", a-t-il lancé. Jean-Louis Borloo faisait allusion au débat sur la laïcité organisé le 5 avril par l'UMP, qui a été accusé de vouloir stigmatiser par ce biais la communauté musulmane.

 

Le président du PRG, Jean-Michel Baylet, y a vu une possible convergence entre le parti radical et sa formation. "Nous nous sommes déjà par nature rapprochés en étant ensemble [dans le débat sur la laïcité de samedi], nous allons voir si nous avons davantage à faire ensemble", a-t-il déclaré après la rencontre qui s'est tenue à Paris.

L'ancien premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, qui est candidat à la présidentielle et participait au débat organisé par le PRG, a estimé que ce parti faisait partie de la famille de la gauche, une manière de mettre en garde contre une alliance avec Jean-Louis Borloo. "Je sais que l'ancrage des radicaux de gauche, comme leur nom l'indique d'ailleurs, est à gauche", a-t-il déclaré sur I>Télé.

 

Par ailleurs, toujours samedi, les Jeunes Radicaux ont annoncé, un mois avant leurs aînés, leur départ de l'UMP et leur engagement dans la future Confédération des centres. Jean-Louis Borloo, présent à la réunion, a salué un moment "enthousiasmant" et "rare" dans l'action publique

 

Le Monde

 

 

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Dimanche 17 avril 2011 7 17 /04 /Avr /2011 16:23

identite.jpgLes radicaux de gauche ont réuni hier à Paris un large arc politique pour leur rencontre sur « l'identité républicaine ». Non seulement 300 personnes ont assisté aux débats, mais un grand nombre de partis invités étaient représentés : le PS par François Hollande et Arnaud Montebourg, le parti radical valoisien par Jean-Louis Borloo, le MRC par Marie Françoise Bechtel, Gauche moderne par Jean-Marie Bockel et Cap 21 par Corinne Lepage. Simone Veil avait tenu également à être présente. En ouvrant le colloque, Jean-Michel Baylet a dénoncé le débat sur l'identité nationale lancé par Éric Besson « qui a fait long feu de façon piteuse » et celui sur la laïcité « qui n'était, en fait, que le procès d'une religion censée être insoluble dans la République ».

 

« Ne pas ajouter la division à la division »

 


Jean-Louis Borloo - c'était la première fois qu'un président du parti radical valoisien prenait la parole dans une enceinte du PRG depuis la scission de 1972 - n'a pas été le moins virulent envers la politique du gouvernement qu'il a quitté : « La question de l'identité nationale, ce n'est pas la question. La République ne va plus de soi quand on pointe des minorités. La responsabilité des pouvoirs publics ne consiste pas à ajouter de la division à la division. Notre responsabilité politique consiste à mettre la République à l'ordre du jour. » Un discours qui ne pouvait que tinter agréablement aux oreilles des radicaux de gauche comme a pu le vérifier Jean-Louis Borloo lors du déjeuner au cours duquel de nombreux militants et sympathisants du PRG sont venus lui témoigner leur sympathie. S'achemine-t-on pour autant vers un rapprochement entre les deux partis ? « Nous avons un socle commun. Borloo en quittant l'UMP est en train de prendre des positions courageuses mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs », répondait Jean-Michel Baylet. D'ailleurs Borloo s'est bien gardé de dévoiler ses intentions, précisant qu'il voulait « un projet républicain pour les Français ».

 

« La laïcité, c'est la règle »

 
Affirmant que « la laïcité est la règle vertébrale qui donne aujourd'hui son sens à la devise républicaine », Jean-Michel Baylet a fait remarquer que « seuls les radicaux peuvent rassembler des hommes et des femmes d'horizons différents sur des questions essentielles pour les prochaines échéances électorales. Nous voulons le changement. Le PRG aura un rôle central à jouer dans la campagne présidentielle. »


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Deux candidats du PS

 


Ils n'étaient pas en campagne. Encore que… Toujours est-il que deux candidats à la primaire du PS ont participé à la rencontre sur l'identité républicaine organisée par le PRG : Arnaud Montebourg et François Hollande. Avec sa verve habituelle, le premier a rappelé les liens historiques entre socialistes et radicaux dans les combats pour la République. Le second a placé sa démarche présidentielle dans le cadre d'un républicanisme vivace et a déclaré que « la faute de l'UMP a été de prendre la valeur de la laïcité pour en faire un objet de division ». Tous deux ont été salués par Jean-Michel Baylet pour avoir démontré que « la République n'est pas incompatible avec la nation ».

 

La Dépèche du midi

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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 23:50

obama.jpgLe président s'est fixé pour objectif de diminuer le déficit du budget américain de 4000 milliards de dollars au cours des 12 prochaines années 
 
Barack Obama s'est aventuré mercredi pour la première fois sur un terrain électoralement dangereux, mais économiquement incontournable : celui des sacrifices pour réduire le colossal déficit budgétaire. Il veut en effet le réduire de 4000 milliards de dollars sur 12 ans. Une semaine après avoir confirmé son intention de briguer un second mandat, le président des États-Unis propose des économies dans le programme de santé très populaire des retraités «Medicare», envisage de limiter les dépenses militaires, les aides à l'agriculture et parle de réformer la fiscalité pour dégager plus de recettes.

 

«Nous n'avons pas à choisir entre un avenir où nous serions emportés dans une spirale de dette et un où nous devrions abandonner les investissements nécessaires à notre peuple et notre pays», a expliqué Barack Obama, en rejetant avec éloquence le projet républicain récent de réforme radicale de «Medicare» qu'il juge indigne. Il fixe en revanche pour objectif la réduction du déficit budgétaire à 2,5% du PIB en 2015, contre plus de 10% aujourd'hui. Dans un geste de nature à déplaire à l'aile gauche de son parti, il souhaite que les trois quarts de la réduction proviennent de baisses de dépenses. Il propose aussi des coupes automatiques à partir de 2014, si ces objectifs ne sont pas atteints.

 

Un compromis fiscal

 


Afin de combattre la plus sérieuse crise depuis les années 1930, Barack Obama s'est résolu depuis deux ans à une envolée spectaculaire des dépenses publiques. La croissance est revenue depuis l'été 2009, mais pour la troisième année consécutive le déficit budgétaire reste vertigineux et le seul poids des intérêts de la dette publique dépassera 300 milliards de dollars à partir de 2013. Il doublera en 2018. L'Oncle Sam ajoute cette année 1650 milliards de dollars à une montagne de dettes, qui atteint désormais 14.200 milliards, soit 46.000 dollars pour chaque citoyen des États-Unis.

 

Le FMI, le G20, la Réserve fédérale, le Parti républicain et beaucoup d'électeurs demandent à Barack Obama de renverser la tendance. Faute de quoi le déclin de l'Amérique et la dévalorisation du dollar semblent inéluctables.

 

Le «gang des six»

 
Le président américain tente de définir une voie médiane entre ceux qui, sur sa gauche, refusent que l'on touche aux programmes sociaux, et ceux qui, parmi les républicains, rejettent toute hausse d'impôts. Il s'inspire d'idées proposées par une commission bipartite qui, en décembre, a rendu un rapport courageux sur ce sujet délicat. Il compte aussi, pour l'aider, sur le travail entamé depuis quelques semaines par un groupe de six sénateurs, baptisé le «gang des six», qui doit présenter début mai un plan censé guider le Congrès vers un compromis fiscal.

Pour autant nombre de démocrates centristes rejoignent les républicains et se voient mal voter pour un relèvement du plafond de la dette publique, à moins que la Maison-Blanche accepte des réductions de dépenses publiques. Le Trésor juge que ce plafond de 14.300 milliards de dollars sera atteint mi-mai. Sans vote du Congrès, l'État fédéral ne pourrait plus émettre d'obligations. Il serait acculé au défaut de paiement, un scénario que la Maison-Blanche implore le Congrès de ne pas imaginer.

 

Le Figaro

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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 14:56

khiari bariza04077p"La loi existe déjà, mais les décrets d'application n'ont jamais été pris par le ministère du Travail" rappelle Bariza Khiari, sénatrice socialiste.

 

Quel est l'ampleur du problème de discrimination à l'embauche dans les entreprises ?

C'est le sujet majoritaire des plaintes reçues par la Halde, mais on ne peut le mesurer précisément car il n'y a pas de statistiques ethniques.

 

L'anonymisation du CV n'est-il pas un moyen de repousser le problème jusqu'à l'entretien ?

Non. Je reçois des lettres de personnes me disant qu'ils ont envoyés 400 lettres de motivation et n'ont obtenu aucune réponse. En général la discrimination concerne le patronyme, l'adresse de domiciliation et la couleur. Et ce n'est pas une question de racisme : les recruteurs reproduisent simplement un schéma qu'ils connaissent. Mais s'ils voient que parmi la liste finale il y a des personnes diverses, peu à peu les choses évoluent.

 

Est-ce compliqué à mettre en place ?

C'est très simple. Axa l'a fait pour une partie de son recrutement. Il y a beaucoup plus de diversité dans cette partie, et les recruteurs en sont très contents. On l'a mis en place à grande échelle pour les examens et les concours. Sans eux je ne serais pas là où je suis actuellement. Nous voulons juste étendre cette méritocratie républicaine à l'entreprise.

 

Certaines personnes qui sont victimes de discrimination à l'embauche s'opposent à l'anonymisation du CV parce qu'ils estiment qu'ils n'ont pas à se cacher. N'est-ce pas en effet une façon de s'attaquer aux effets sans traiter la source du problème ?

 

Non, c'est un outil. Cela participe à la modification des représentations dans le monde de l'entreprise. Le regard des recruteurs change.

 

Claude Bébéar, ancien patron d'Axa, a soutenu la mise en place de l'anonymisation des CV, mais ne soutient pas une loi. Pensez-vous qu'elle est nécessaire ?

 

La loi a été votée en mars 2006, sous l'impulsion de la gauche avec l'aide des centristes. Mais les décrets d'application n'ont jamais été pris par le ministère du Travail. Ils ont argumenté qu'ils préféraient laisser les entreprises choisir librement. Je pense que les entreprises doivent surtout ressembler à leurs clients, issus de la diversité. Nous voulons donc un décret pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés, sans volet répressif, mais en appliquant une loi qui fixe la règle pour tout le monde de façon claire.

 

A chaque fois qu'on parle de diversité et d'entreprise, les politiques répondent par le CV anonyme. Croyez-vous à un remède miracle ?

 

Nicolas Sarkozy le premier a assuré que l'anonymisation des CV était en cours. C'est faux. Mais la discrimination est un sujet très sérieux. C'est comme une mort sociale pour certains. Le CV doit être accompagné d'un travail en cours sur les médias, avec le bilan social des entreprises, avec la Halde, avec de la répression pour les patrons pris en flagrant-délit de discrimination. Tout cela doit être mené en même temps si l'on veut changer les mentalités.

 

Le Nouvel Observateur

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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 11:49

berraLa secrétaire d'Etat à la Santé, Nora Berra, a annoncé dimanche dans la presse qu'elle démissionnait de son mandat de conseillère régionale en Rhône-Alpes au nom de son "éthique politique", et qu'elle serait candidate à Lyon aux prochaines élections législatives.

 

"Deux mandats électifs, c'est incompatible. J'ai une certaine éthique politique et je prends acte de cette incompatibilité", explique Mme Berra, conseillère municipale d'opposition à Lyon, et conseillère régionale UMP depuis 2010, dans un entretien au quotidien régional Le Progrès.

"Je vais continuer d'exercer mon mandat d'élue locale à Lyon (...) tout à fait conciliable avec ma fonction ministérielle", précise la Secrétaire d'Etat, qui annonce par ailleurs qu'elle sera "candidate dans la troisième circonscription du Rhône" aux élections législatives de 2012. Cette circonscription est aujourd'hui détenue par le socialiste Jean-Louis Touraine.

Le Premier ministre, François Fillon, et le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, "m'ont encouragée dans ma démarche", assure-t-elle.

Interrogée sur sa position concernant le cumul des mandats, la secrétaire d'Etat à la Santé se dit "ouverte au débat". "Il faut arrêter de prétendre qu'on peut tout faire correctement", estime-t-elle, lançant au passage une pique au maire au sénateur-maire PS de Lyon, Gérard Collomb, qu'elle affirme n'avoir "jamais vu, ni même croisé au Sénat".

 

AFP

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Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 22:45

esther-benbassa.jpgSi, pour la plupart de nos concitoyens, la laïcité reste indissociable des principes sur lesquels se fonde la loi de 1905, nombreux sont aussi ceux qui la réduisent à une peau de chagrin pour lui enlever ce qui en faisait pourtant en partie la substance, à savoir le respect des religions, à la condition, naturellement, que celles-ci n’envahissent pas l’espace public, ni n’interfèrent dans le fonctionnement de l’Etat. Quant aux autres, en général à droite et à l’extrême droite, ils en font plutôt l’habillage présentable d’une croisade « républicaine » contre l’islam.

 

Le débat que l’UMP organise sur l’islam le 5 avril, et que certains, à l’intérieur de ce parti, préfèrent présenter comme un débat sur la laïcité, en dit long, à lui seul, sur l’état présent de notre société. Les tergiversations des uns, les nuances apportées par les autres n’y changent pas grand-chose. Tel est bien le couple infernal qui va occuper la France au fil des mois à venir.

 

La droite au pouvoir surfe depuis un moment déjà sur des thèmes sulfureux, identité nationale, chasse aux Roms, dénonciation de l’immigration non contrôlée et stigmatisation de l’islam. Il n’est pas impossible que la période qui vient voie l’aggravation d’une compétition entre le Front national et l’UMP, notamment sur ces deux derniers points. Face à cette mise en scène scabreuse, il incombe à la gauche de résister sans faillir.

 

Mettons bas les masques. Nos laïcistes ne se sont pas seulement éloignés de la laïcité qui inspirait la loi de 1905. Mais ils font d’elle une essence immuable et intouchable, une idée sainte échappant aux contingences du temps. Le Conseil d’Etat a eu beau insister dans ses rapports sur le caractère évolutif de la laïcité, ils continuent à brandir leur dogme au nom d’un mysticisme républicain. Sont-ils seulement conscients de la dimension proprement religieuse de leur engagement, alors même qu’ils rêvent, tout haut ou tout bas, d’une France dépouillée de toute religiosité, ramenée à un impossible matérialisme ? En l’absence de projets politiques crédibles, on ne trouve rien de mieux que de marteler un credo vidé de son sens.

 

En cette période de crise où les Français perdent confiance dans leurs politiciens, apparemment incapables de remédier à leurs maux véritables, ceux-ci perdent ainsi leur temps en vaines diatribes autour de la laïcité et de l’islam. Le FN s’immisce et prospère dans ce vide. Car c’est bien dans ce genre de champ en friche que pousse le racisme, lorsque les mots se substituent aux actes et que la confusion s’érige en mode de gouvernance. La « laïcité » n’est alors que le nom poli de cette confusion, qui risque de diviser durablement le pays.

 

Tout le monde s’y met, pour ses propres raisons. Y compris certaines féministes qui se réclament ainsi pieusement de la laïcité et des valeurs des Lumières (qui ne furent pas non plus exemptes, sous certaines plumes, de proto-racisme et d’antisémitisme) pour développer un combat radical contre l’islam, présenté comme l’ennemi par excellence, voire par essence, de l’émancipation de la femme.

 

De même, au sein de la minorité juive – dont l’establishment, tout de même, s’est un peu ressaisi depuis le dernier dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) –, rares ont longtemps été ceux qui rejetaient avec détermination l’islamophobie de la droite et de l’extrême droite. Parce que beaucoup projetaient le conflit israélo-palestinien et leur aversion des Palestiniens sur les musulmans de France, quand, pourtant, juifs et musulmans auraient dû se soutenir contre l’alibi laïciste, qui les vise en réalité ensemble, eux et nombre de leurs rites communs. Sans oublier, surtout, que tous les minoritaires sont susceptibles de devenir à leur tour une cible, en cette conjoncture sans issue. Hier les juifs, avant-hier – mais aussi cet été – les gens du voyage et les Roms, et depuis quelque temps plus que jamais les musulmans. Les campagnes xénophobes d’aujourd’hui n’ont rien à envier à celles qui, dans l’entre-deux-guerres, visaient les juifs.

 

LE RÔLE DE LA GAUCHE

 

La situation est grave et l’avancée du FN aux élections cantonales en témoigne. Les croisés laïcs devraient faire leur examen de conscience, séparer le bon grain de l’ivraie, et reconnaître que leurs principes laïcards ont trop servi à absoudre une forme ou une autre de xénophobie. Quant aux laïcs simplement respectueux de la religion d’autrui, et attachés à une neutralité de l’espace public comme garantie du vivre-ensemble, qu’ils prennent garde à ne pas se laisser, par mégarde, manipuler. Les islamophobes qui se donnent des airs de laïcs, c’est bien à la gauche de les combattre avec acharnement, y compris dans ses rangs, s’il y en a. Et nous savons que la France recèle un peuple de gauche vertueux et humaniste et des hommes et des femmes de droite capables de ne pas céder à la tentation.

 

Certes, l’islam mérite d’être réorganisé dans la sérénité pour que voie le jour un islam de France. Une gauche digne de ce nom pourrait y aider, en décloisonnant la société. L’humiliation et la peur qui s’emparent des musulmans ne feront que freiner cette « intégration » dont le gouvernement et le FN sont devenus les chantres. Au fond, ils les voudraient invisibles. Mais s’ils le devenaient, ce serait sans doute pire encore. Les racistes craignent l’invisibilité, qui les empêche de pointer du doigt l’Autre, cet ennemi fabriqué. Ils ont beau dénoncer le « communautarisme », en fait celui-ci les arrange puisqu’il leur fournit des groupes présumés soudés, stigmatisables à volonté, et sur qui étayer leur idéologie du rejet, si payante actuellement, un peu partout en Europe, ainsi que le traduit la montée inquiétante de l’extrême droite.

 

L’immigré, en général musulman, sert à cela, dans cette Europe qui mettra beaucoup de temps à se relever de la crise et qu’on appelle à se refermer sur elle-même pour se protéger. « Les Français à force d’immigration incontrôlée ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux », disait sans complexe récemment le ministre de l’intérieur Claude Guéant. L’immigré était utile lorsque la France avait besoin de lui pour faire tourner la machine ; aujourd’hui, devenu indésirable, il est toujours utile… Qu’il y ait des problèmes, nul ne le niera. Mais faut-il faire de ceux qui en sont les principales victimes, les seuls responsables de ces problèmes ? La France, à l’instar des autres pays européens, n’a pas élaboré de vraies politiques d’intégration, de promotion sociale et de reconnaissance symbolique. Aujourd’hui, elle en paie le prix.

 

Ce ne sont ni le racisme, ni le laïcisme, ni la stigmatisation forcenée qui nous sortiront de là. Et si un avertissement, un seul, doit être lancé à la classe politique et aux citoyens de bonne foi ce serait de ne pas céder aux sirènes de ce nationalisme crétin qui sépare, et d’appeler plutôt à la solidarité de tous pour surmonter les difficultés auxquelles sont confrontés les Français, dans un esprit de réconciliation, pour construire ensemble, pierre à pierre, le rempart qui nous protégera de l’extrême droite. Et de la droite lorsqu’elle est tentée de flirter avec le FN.

 

Esther Benbassa, directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études (Sorbonne)

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Dimanche 3 avril 2011 7 03 /04 /Avr /2011 22:55

imagesCAGB9A12.jpgEn attendant de savoir si le film de Xavier Durringer sur l’ascension de Nicolas Sarkozy sera à Cannes, on peut admirer la bande-annonce de « la Conquête » sur le Net. Et elle en jette! Les premières images montrent le futur président et Villepin lors d’un dîner en tête à tête. « Vous savez où je me la carre, Dominique, votre amitié? » lance Denis Podalydès, sidérant de mimétisme, à un Samuel Labarthe aux cheveux blancs.

 

Le ton est donné : la politique, c’est pas chic. « Je suis entouré de connards », explose ainsi Sarko lors d’une réunion, avant d’ajouter : « N’oubliez pas, chuis une Ferrari. Quand vous ouvrez le capot, c’est avec des gants blancs. » Dans cet aperçu enlevé, qui laisse une impression de comédie flingueuse, les acteurs se révèlent saisissants, Podalydès en tête, mais aussi Bernard Le Coq en Chirac. Qui ne mâche pas ses mots non plus au sujet de Sarkozy : « J’aurais dû l’écraser. Et du pied gauche encore, ça m’aurait porté chance. »
Quant à Cécilia (Florence Pernel), elle commence par l’encourager à « déringardiser » la politique, puis lui reproche d’être devenu « froid, distant », comme ses « sarkoboys ». Et le plaque « sur un coup de cœur ». L’historien et documentariste Patrick Rotman, auteur du scénario, promettait récemment au « Point » un « travail sourcé, documenté, précis », destiné à « montrer les coulisses d’une campagne électorale en ce debut de XXI e  siècle ». « La Conquête » sortira en mai.

 

Le Parisien

 

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